Y a-t-il des risques

Y a-t-il des risques à consommer des probiotiques ?

Des effets insésirables sur la digestion et l'assimilation ?

Les probiotiques ont montré des effets bénéfiques sur la sphère digestive. Cependant, chez certaines personnes, leur consommation en quantité importante peut modifier brutalement la flore intestinale et provoquer une augmentation transitoire des gaz intestinaux, des ballonnements, voire des diarrhées. Pour éviter ces désagréments, il est conseillé de débuter les prises à demi-doses.
Les probiotiques ont aussi été accusés de participer à l'épidémie d'obésité du fait de leur utilisation en alimentation animale comme promoteurs de croissance10. Cependant, il n'est pas possible d'extrapoler chez l'homme des résultats obtenus chez l'animal11, ce d'autant plus que les souches utilisées sont différentes et que l’imputabilité n’est pas établie (est-ce le probiotique utilisé qui fait grossir les poulets ou, par exemple, la diminution des diarrhées dues aux antibiotiques ?). Enfin les grands consommateurs de yaourts ne souffrent pas davantage d’obésité que les autres.

Un risque toxique ou infectieux potentiel ?

Les probiotiques étant des micro-organismes vivants, il est légitime de s'interroger sur leurs capacités éventuelles à se multiplier, sécréter des toxines et devenir pathogènes, d'autant qu'ils sont le plus souvent recommandés à des personnes affaiblies (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, sujets convalescents...).
Cependant les souches commercialisées sont sélectionnées parmi des micro-organismes non pathogènes, naturellement présents dans l'alimentation. De plus, elles ne s'implantent pas durablement dans l'intestin. Les quelques bactéries qui parviennent à traverser la muqueuse intestinale pour gagner la circulation générale sont rapidement éliminées par le système immunitaire.

Une stimulation immunitaire inadaptée ?

Les probiotiques intervenant à différents niveaux sur le système immunitaire, certains auteurs évoquent le développement possible d'immunodéficiences, de pathologies auto-immunes ou de neurodégénérescences... chez des sujets déjà fragilisés.
Mais les souches commercialisées à ce jour ont prouvé leur sécurité : aucune stimulation immunitaire inadéquate n'a été rapportée jusqu’à présent.

Un effet délétère en cas d’infection sévère ?

Les effets bénéfiques des probiotiques pourraient, dans certains contextes pathologiques bien spécifiques, aboutir à des résultats délétères. C'est ainsi qu'une étude, chez des personnes hospitalisées pour pancréatite aiguë, a retrouvé une surmortalité chez celles qui avaient reçu des probiotiques dans les premiers jours12. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène qui s’est tout de même produit dans des circonstances très particulières (maladie très grave, injection des probiotiques directement dans l’intestin). Néanmoins, il paraît prudent de ne pas prendre de probiotiques lorsque l’organisme est très affaibli par une infection sévère.

Développement de résistances bactériennes ?

Les résistances bactériennes aux antibiotiques sont codées génétiquement. Or, les micro-organismes échangent très facilement leurs gènes, même entre espèces différentes.
Théoriquement, la consommation de probiotiques, porteurs de résistances, pourrait donc favoriser la résistance de bactéries pathogènes. Mais dans les faits, ces échanges génétiques restent rares avec les souches utilisées, qui n’ont donc pas été incriminées jusqu’ici dans la survenue de résistance aux antibiotiques.

Du principe de précaution au risque acceptable

La supplémentation en probiotiques pose la question du principe de précaution et du rapport bénéfices-risques : certains experts considèrent que ces éventuels risques -symptômes digestifs bénins et Volume Pills décès extrêmement rares- sont acceptables compte tenu des bénéfices apportés. D'autres prônent le principe de précaution du fait du manque d'études cliniques et sur le long terme.
En Europe, il n'existe pas de cadre législatif strict mais des recommandations concernant l'utilisation de probiotiques dans l'alimentation et les compléments alimentaires. Les souches commercialisées sont choisies parmi des espèces utilisées depuis des décennies en alimentation humaine. Leur efficacité et leur sécurité sont scientifiquement validées13.
Les personnes très immunodéprimées ou souffrant d'une pathologie sévère peuvent toutefois solliciter l'avis de leur médecin avant d’utiliser des probiotiques.

Sources :
1 - Dans les études cliniques prouvant leur efficacité, les probiotiques sont généralement utilisés à des doses allant de 108 à 1012unités formant colonie (UFC) par jour. Cependant, la quantité minimale à apporter varie en fonction des souches et du bénéfice santé étudié.
2 – "Effets des probiotiques et prébiotiques sur la flore et l'immunité de l'homme adulte", Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)., février 2005, rapport téléchargeable en ligne
3 – "Health and Nutritional Properties of Probiotics in Food including Powder Milk with Live Lactic Acid Bacteria", Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) - Organisation mondiale de la santé (WHO), Octobre 2001, rapport téléchargeable en ligne
4 – "Guidelines for the Evaluation of Probiotics in Food", Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), Organisation mondiale de la santé (WHO), mai 2002, rapport téléchargeable en ligne
5 – "Saisine n° 2005-SA-0113 - Avis d'octobre 2005", Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), téléchargeable en ligne
6 – "Recommandation pratique – Probiotiques et prebiotiques", Organisation mondiale de Gastroentérologie (WGO), mai 2008, téléchargeable en ligne
7 – "Safety assessment of probiotics for human use", Sanders ME, Akkermans LM, Haller D et all,  Gut Microbes. 2010 May-Jun;1(3):164-85, résumé accessible en ligne
8 - "Probiotic use in clinical practice: what are the risks?" Boyle RJ, Robins-Browne RM, Tang ML.,  Am J Clin Nutr. 2006 Jun;83(6):1256-64; quiz 1446-7, résumé accessible en ligne
9 - European Commission health & conumer protection directorate-general.
On a generic approach to the safety assessment of micro-organisms used in feed/food and feed/food production. 2003. [2009], téléchargeable en ligne
10 - "Probiotics and obesity: a link ?" Raoult D., Nat Rev Microbiol. 2009 Sep;7(9):616, éditorial accessible en ligne
11 - Suite à l'article de Raoult D. , cf. les articles suivants, dont les textes sont accessibles via ce site:
- "Probiotics - little evidence for a link to obesity" Ehrlich Dusko S., Nat Rev Microbiol. 2009 Dec; 7(12):901, résumé accessible en ligne
- "No causal link between obesity and et probiotics", Delzenne N, Reid G, Nat Rev Microbiol. 2009 Dec;7(12):901, résumé accessible en ligne
- "No link between probiotics and obesity? Author reply", Raoult D., Nature Reviews Microbiology 2009 Dec;7(12):901
12 – "Probiotic prophylaxis in predicted severe acute pancreatitis: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial", Besselink MG, van Santvoort HC, Buskens E et all., Lancet. 2008 Feb 23;371(9613):651-9, résumé accessible en ligne
13 - Souches certifiées GRAS Generally Regarded As Safe (généralement reconnues comme sûres) notamment

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